Mon recrutement
J’ai obtenu mon doctorat en décembre 2004. Ayant « oublié » de participer à la campagne de
recrutement des MCF de 2005, j’ai décidé le grand saut vers l’université en 2006.
Pour candidater, il faut d’abord être qualifié-e par le Conseil National des Universités, ce que
je fus en février 2006. Puis il faut constituer un dossier comprenant notamment un CV détaillé
qui relate les activités de recherche, les expériences d’enseignement dans le supérieur et les
participations à des tâches plus collectives (direction d’un projet, animation d’un groupe de
recherche, etc.). En théorie, il faut adapter son CV au profil de chaque poste mis au concours
par les universités, ce qui demande un travail assez lourd. L’année où j’ai candidaté, le
nombre de candidat-e-s par poste – pour une trentaine de postes au niveau national – a pu
dépasser les 100.
Les dossiers envoyés sont ensuite répartis entre les membres des commissions de spécialistes
qui vont sélectionner1 quelques candidat-e-s pour être auditionné-e-s (en général moins de
10). La participation à l’audition supposera l’envoi d’un certain nombre de publications, en
particulier la thèse. Pour les candidat-e-s non locaux, il faudra aussi se déplacer (non
1 Faute de learning-by-doing, je délaisserai ici les pratiques dont j’ai eu écho en matière de sélection des
dossiers : travail mal/non fait, perte de dossiers, répartition injuste du travail de sélection, etc.
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
remboursé), se loger parfois (non remboursé), manger, etc. Au total, la plupart des auditionnée-
s payent cher pour se déplacer à l’autre bout de la France sur des postes déjà réservés à des
candidat-e-s pré-sélectionné-e-s par la magie du piston. Et les sociologues – dont l’orientation
politique s’oppose théoriquement aux magouilles libérales – cautionnent très largement ce
système, se contentant au mieux d’en commenter les abus…
En 2006, j’avais candidaté à une quinzaine de postes. La phase de candidature révèle déjà que
des choses pas claires se passent. « On » (un-e membre d’une commission de spécialistes)
vous contacte pour vous proposer un soutien spécifique. Entre candidat-e-s, on s’échange des
infos : tel poste est « bétonné » (c’est-à-dire réservé par piston à un-e candidat-e local-e), tel
autre semble ouvert, tel autre est opaque (ce qui signifie en général bétonné). Et les rumeurs
sont rarement fausses… Bref, on s’organise un peu dans toutes les universités pour glaner des
infos et, surtout, tenter d’orienter le placement de tel-le local-e pour qui on ne dispose
localement d’aucun poste. Les coups de fil se multiplient, les couloirs universitaires s’animent
un peu.
J’ai été retenu pour l’audition à 2 postes qui correspondaient à ma spécialité en termes de
recherche. Compte tenu de la qualité des autres candidates et des bruits qui couraient quant à
l’issue probable des auditions, je savais n’avoir aucune chance sur le premier poste et les
résultats de l’audition ont confirmé mon « intuition ». A Lille 1, les choses s’annonçaient plus
vagues. Je n’avais aucune info mais je savais qu’une vieille connaissance, perdue de vue
depuis plusieurs années, travaillait à la fac. De plus, je savais qu’une autre personne avait
évoqué mon dossier avec un membre influent de la commission de spécialistes locale.
Quelques jours avant l’audition, j’ai contacté par téléphone la vieille connaissance,
notamment pour savoir si elle faisait partie de la commission de recrutement, ce qui était le
cas. Elle m’a donné quelques infos, évoquant le probable recrutement d’un-e des candidat-e-s
locaux sur le poste. Je lui ai proposé de profiter de ma venue à Lille pour se revoir et lui ai
demandé de ne pas aller à la commission de spécialistes car cela me gênait, vu l’ancienneté de
nos relations. Elle m’a répondu que, s’il fallait que chaque membre de la commission qui
connaissait un-e des candidat-e-s se retire, il ne resterait pas grand monde, donc niet. Je passe
sur les détails mais je suis allé à l’audition et la vieille connaissance était bien là, parmi la
vingtaine de membres de la commission. J’avais trouvé mon audition meilleure que pour le
premier poste mais je ne pensais pas être recruté vu la qualité de certains autres dossiers. Or,
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
le soir même, je reçois un coup de fil qui m’apprend que j’ai eu le poste. Une certaine joie me
conduit à négliger les questions pertinentes sur les conditions de mon recrutement et sur le
rôle des gens qui me connaissaient. J’apprendrai plus tard ce qui s’est passé, en dépit du
caractère secret des débats des commissions de spécialistes (mais, en la matière, l’hypocrisie
qui règne peut difficilement être moindre).
D’après ce qui m’a été rapporté, parmi les 7 auditionné-e-s, on comptait 2 candidat-e-s dit-e-s
locaux. Après les auditions, les débats ont rapidement porté sur quel-le candidat-e local-e
recruter. Sous l’effet des clans qui coexistent dans la fac de sociologie de Lille 1 (comme
ailleurs), l’accord ne surgit pas et on a proposé mon nom comme outsider. Débats et, après
plusieurs tours de vote, mon nom sort. Je passe sur les remarques désobligeantes dont j’ai eu à
plusieurs reprises écho quant à la qualité de ma candidature (mal habillé, audition sketch,
publications cantonnées à des revues féministes, etc.) et j’en viens à ce qui me semble
important et mal compris par mes ex-collègues.
Je n’assume pas mon recrutement parce que je pense aux 4 autres candidat-e-s qui auraient pu
voir leur nom monter si on avait déjà attiré l’attention sur leur dossier avant les auditions.
Pour elles et eux, le concours était biaisé parce que ce ne sont pas des critères objectifs qui
ont orienté les débats suite aux auditions. Les trois débattu-e-s – dont moi – étaient déjà
connu-e-s et ce n’est pas la qualité de leurs recherches qui a suscité leur sélection, ou du
moins il reste un doute sur le rôle exclusif de cette qualité.
Au-delà de ce qui s’est passé dans mon cas, il faut savoir que, la veille de chaque commission
de spécialistes, les membres se contactent et organisent leur réseau pour soutenir tel-le
candidat-e, au cas où le quorum nécessaire serait un peu juste ; qu’il existe des jeux de chaises
pistonnales (tu pistonnes tel-le candidat-e sur tel poste, nous ne t’oublierons pas dans trois ans
quand tu demanderas ta mutation) ; que le piston est parfois ouvertement affiché, en dépit des
souffrances qu’il peut susciter2, etc., etc.
2 Je pense à cette amie candidate sélectionnée pour plus de 10 auditions, à chaque fois refusée en dépit de la
qualité de son dossier et à qui on disait parfois qu’elle avait été bien meilleure que les autres : « Oui mais voilà,
vous comprenez, on avait un-e candidat-e local-e »…
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
Fabrication d’un-e local-e
Une bonne part du système de recrutement des MCF (et des PU, d’une autre manière) est
vérolée par une chaîne de pistons qui fabrique et favorise des recruté-e-s locaux. Je n’ai sans
doute pas eu le temps de tout comprendre mais de véritables « trajectoires locales » sont
organisées. Il ne s’agit pas pour moi de pointer les individualités qui ont connu de telles
trajectoires locales : il s’agit seulement de dénoncer ce système de piston organisé
collectivement par la classe enseignante en place dans la majorité des universités.
Tout commence dès le master 1 avec un repérage souple des futur-e-s élu-e-s. On nomme telle
étudiant-e dans les discussions entre collègues, on l’incite à s’inscrire dans le master 2 de la
fac, on lui donne un coup de pouce en lui attribuant une des rares allocations de recherche.
Certain-e-s étudiant-e-s perçoivent déjà l’enjeu et commencent à organiser leur avenir, en
venant par exemple vous demander – expérience vécue – si tel-le enseignant-e, susceptible de
diriger le mémoire en master 2, est bien positionné-e dans l’université locale. S’il-elle ne l’est
pas, alors l’étudiant-e renonce à cet-te encadrant-e.
En master 2, la sélection locale s’affine par la cristallisation de réseaux relationnels orchestrés
par le monde enseignant. Pour cela, un véritable système de services – pas toujours payés ou
déclarés – existe, les enseignant-e-s jouant un rôle assez proche du patronat le plus vulgaire.
Bénévolat ou vague rémunération en nature pour l’organisation des colloques, retranscription
d’entretiens, parfois même baby-sitting, etc., autant de moyens d’exploiter les étudiant-e-s
compte tenu de l’absence d’une politique généreuse de financement des études. Et je passe sur
tous les « jeux sexuels » au centre desquels on trouve les hommes enseignants-chercheurs
(voir les combats menés par les doctorant-e-s de l’association CLASCHES3 en la matière)…
Les expériences d’exploitation du master 2 s’élargissent durant le doctorat avec la possibilité
pour les étudiant-e-s d’entrer sur le marché secondaire de l’emploi universitaire. Sous couvert
d’un discours bien huilé sur l’enrichissement du dossier de l’étudiant-e et sur sa possibilité de
financer sa thèse, on remplit les postes de vacataires, de moniteur-e-s, d’ATER. Grâce à la
hiérarchie de ces postes, on affine encore la sélection des « locaux » tout en exploitant au
3 Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement dans l’Enseignement Supérieur.
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
meilleur centime la main d’oeuvre étudiante. Et ce sont les enseignant-e-s responsables
d’année qui s’occupent de définir les besoins et qui seront les « chefs objectifs » de ces
précaires le temps de leur contrat.
Même si toute la communauté des sociologues converge pour dénoncer la précarisation de
l’enseignement, on fait tourner la machine de la précarité et on joue le jeu. Des enseignant-e-s
décident du non renouvellement du contrat de tel-le étudiant-e jugé-e incompétent-e, comme
dans n’importe quelle entreprise. Et le plus inquiétant, j’y reviendrai, c’est la progressive
contamination des esprits par cette logique entrepreneuriale.
Du coup, on cautionne un système injuste. Je pense notamment à l’abandon du principe « à
travail égal, salaire égal ». Par exemple, en licence 1, j’étais responsable d’un cours magistral
qui était complété par des heures de TD pour lesquelles des salarié-e-s de 4 statuts différents
faisaient le même travail : les écarts de rémunération horaire étaient de 1 à 5 !
L’université m’a aussi fait peur parce que je savais qu’il faudrait un jour que je me transforme
en patron, et je ne crois pas aux « patrons gentils »…
Enfin, une fois le repérage des locaux achevé, le recrutement pistonné trouve son
aboutissement dans le profilage des postes locaux. Il s’agit de définir très précisément le
profil du poste à pourvoir de manière à ce qu’il soit en adéquation avec la spécialité du futur-e
candidat-e (cette modalité de piston n’est pas indispensable vu les pratiques de piston qui
peuvent être repérées, ceci dit elle favorise un meilleur bétonnage du poste). Compte tenu du
temps que nécessite la création d’un poste, j’ai eu écho de réunions stratégiques de profilage 1
ou 2 ans avant le recrutement programmé !
Au total, il est rare de croiser un-e enseignant-e MCF ou PU qui n’a pas un jour bénéficié
d’un quelconque piston. De génération en génération de recruté-e-s, le système perdure et se
normalise4. Et je suis persuadé que plusieurs ex-collègues sourient à la lecture de ces lignes en
se disant que je suis bien loin de tout savoir sur l’illégalité – le piston est illégal, faut-il le
4 J’ai même entendu parler d’un recrutement pistonné qui avait favorisé un-e candidat-e local-e que bien des
personnes de la commission de spécialistes savaient être membre d’une quasi-secte…
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
rappeler – du recrutement à l’université. Car je ne doute pas, n’ayant pu observer in situ les
pratiques des commissions de spécialistes, que je ne gratte ici que la première couche…
Selon moi, quelles que soient les « bonnes raisons » d’un tel système qu’on ne manquera pas
de m’opposer, l’université est dégueulasse de mettre en place et en oeuvre de telles pratiques
de recrutement. Non pas que je sois un adepte de la méritocratie : je n’y ai jamais cru, en tant
que féministo-etc. Mais je préfère (lutter contre) l’illusion de l’égalité des chances que
(collaborer avec) la réalité d’un système de piston. Donc ciao ! Voilà pour la première raison.
2) L’arrivée à la fac : entrée en désert relationnel
Je ne suis pas un enfant de choeur mais j’aimerais bien savoir comment il est possible de
fabriquer ce que j’ai perçu à l’université.
Quand vous arrivez à la fac, la puce à l’oreille sur l’état de l’université peut vous être donnée
par quelques signaux que l’on range traditionnellement dans les « problèmes individuels »
mais que, en sociologie, nous savons être des purs produits de l’ordre social. Je pense ici à ces
gens que vous croisez (rarement) dans les couloirs et qui vous fuient du regard, comme s’ils
avaient peur. Je pense ici au nombre de gens en congé maladie et, visiblement, gravement
malades. Je pense ici à la tristesse des regards quotidiens, à l’invisibilité des fous rires, à
l’absence de pause-café collective, etc. Je pense ici – et surtout – à tous ces gens qui,
lorsqu’ils n’ont plus peur de vous parler, se lancent dans des monologues qui alternent entre la
leçon de sociologie et la longue anecdote qu’on comprend mal. Comme si l’accès à une
certaine position dans la hiérarchie sociale vous condamnait à un drôle de comportement, si
peu réceptif aux autres.
Ces quelques signaux ont alerté le novice que j’étais sur le véritable désert relationnel que
constitue l’université. Dès les premières heures, vous comprenez que vous aurez peu
d’interactions sur votre lieu de travail et que, si vous croyez aux vertus intégratrices du
travail, vous allez en chier. Ce désert relationnel à l’université se traduit notamment de trois
manières.
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
D’abord, les couloirs et la salle des personnels sont souvent vides, les bureaux fermés, une
vague machine à café ayant la fonction symbolique de donner un peu de chaleur (liquide). Ce
sont toujours les mêmes que l’on croise, en général celles et ceux qui s’épuisent dans la prise
en charge des tâches collectives et qui n’ont pas toujours le temps de discuter. Non seulement
les gens semblent travailler davantage à domicile mais en plus, à Lille en tout cas, bien des
enseignant-e-s habitent au-delà des distances réglementaires (Voir article 5 du Décret du 6
juin 1984 modifié), en l’occurrence à Paris, parfois même à Marseille ! Evidemment, de telles
distances entre lieu de travail et lieu de vie contrarient toute dynamique collective à
l’université.
Ensuite, les quelques relations socioprofessionnelles qui existent sont profondément
structurées par une conflictualité désarmante.
D’une part, les gens ne s’aiment pas et passent un temps fou à commenter dans les
discussions les individualités ennemies. Je n’ai pas eu le temps de comprendre tous les
processus qui fabriquent les haines interpersonnelles mais c’est assez impressionnant et en
général d’une mesquinerie à pleurer : en particulier, j’aurais bien aimé retranscrire ici les
innombrables courriels qui circulent et qui témoignent de l’intensité de ces haines.
D’autre part, compte tenu du caractère clanique des relations et du mode de recrutement basé
sur le piston, les personnes nouvellement recrutées se retrouvent a priori identifiées comme
membres du clan qui les a pistonnées. Dès que vous arrivez, à cause des conflits qu’a pu
susciter votre recrutement, vous comprenez que des gens vous aiment déjà et que d’autres ne
vous aiment pas (encore). Par exemple, quand j’ai cherché à m’intégrer au laboratoire local de
recherche, j’ai vite compris – par la froideur de leur accueil – que ceux qui le dirigeaient
n’avaient pas voté pour mon recrutement.
Au-delà de mon cas, il faut bien comprendre que cette personnalisation des conflits –
théorisée par bien des sociologues comme un des fondements symboliques de la domination –
mine les relations de travail et contrarie toute tentative de réforme au niveau local5.
5 A Lille par exemple, même si je n’y ai pas compris grand-chose, la direction du laboratoire de recherche et la
direction de l’Institut de sociologie ne s’aiment pas. La conflictualité qui en résulte structure en profondeur les
dynamiques discursives mais aussi les inerties réformistes.
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
Enfin, prévaut une visible « inexistence citoyenne » des enseignant-e-s (qui plus est
sociologues) sur leur lieu de travail. Alors que les discours vont bon train sur « l’étudiant
consommateur » et sur la dégénérescence des étudiant-e-s par rapport à la génération
précédente (celle de 68 ou la sienne), on découvre une communauté enseignante sans
syndicats6, sans grèves, sans manifestations, sans discussions. Le vide absolu !
J’avais déjà été gêné par le faible investissement collectif des enseignant-e-s lors de la lutte
contre le CPE (2006) mais, n’étant pas à la fac, je mettais cela sur le compte de mes
prénotions. Mon expérience d’un an a plus que justifié ma gêne. En effet, l’élection de
Sarkozy n’a suscité aucune discussion collective, en dépit du gauchisme légendaire des
sociologues. De même, alors que la ville de Lille est marquée par des violences policières –
contre les étranger-e-s notamment – qui m’ont impressionné par leur fréquence et leur degré,
mes ex-collègues ne savaient pas et/ou se taisaient. La réforme de l’université a seulement
suscité un mel national nous demandant de signer la pétition « contre les modalités de
négociation ». Sauf exceptions, les problèmes sociaux de nos étudiant-e-s (logement, job à
côté), en particulier la présence d’étudiant-e-s sans-papiers dans nos facs et leurs conditions
de vie effroyables compte tenu de leurs risques d’expulsion, font l’objet d’un mutisme
assourdissant. Tout comme la sarkozysation de notre quotidien professionnel avec
l’acceptation silencieuse de la sécurisation des universités (on a laissé entrer les agents de
sécurité et avec des chiens parfois, les alarmes, la vidéo-surveillance, les portes avec serrure
magnético-à-carte etc…). Etc. Etc.
Signe désespérant de cette léthargie collective qui a largement contribué à me faire fuir : le
jour où toute la fonction publique s’est mobilisée pour la hausse des salaires (souvent
réclamée dans les couloirs pourtant), ben mes collègues universitaires travaillaient7 ! Et je n’ai
même pas osé aller me porter gréviste volontaire tellement je me sentais seul sur ce plan-là.
6 Je sais qu’il existe des syndicats à l’université mais je n’ai croisé aucun-e syndicaliste actif-ve en un an.
7 D’ailleurs, je serais assez curieux de connaître la date de la dernière retenue collective sur salaire pour fait de
grève dans la communauté enseignante que j’ai fréquentée…
les documents de liens socio – n° 6 – octobre 2007
Tout ceci m’a affolé. D’une part, je vais bien : or, je pense que les déserts relationnels
contrarient à moyen terme la bonne santé de n’importe quel-le travailleur-se8. En particulier,
j’ai été très perturbé par l’impossibilité de s’engueuler à l’université, d’entrer en
conflit…parce que les gens (pas bien) sont physiquement absent-e-s. D’autre part, compte
tenu de la « réforme » en cours de l’université, je ne me voyais pas attendre une mobilisation
qui, en l’état de la désorganisation de la profession, a peu de chances de surgir. Si j’ai appris
un truc grâce à la sociologie, c’est que les déserts relationnels constituent une formidable
autoroute pour un Pouvoir « réformateur ». Je n’aurais pas supporté que la résistance aux
réformes (libérales) soit cantonnée aux étudiant-e-s, comme à chaque fois depuis des lustres.
Même si le lycée est en train d’être attaqué par ce même Pouvoir, il reste des gens bêtement
intéressé-e-s par les autres et par les réformes (libérales) qui les concernent pour s’organiser et
résister.
Du coup, je préfère rester (avec les) bête(s).
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires