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Présentation

  • : Sociologie des civilisations rurales au Sénégal
  • : Mon blog cherche à vulgariser la sociologie rurale au Sénégal. Il me permet, en même temps, de mettre en ligne mes différentes activités pédagogiques à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis. De temps en temps, je présente quelques personnalités fortes de l'UGB qui ont gagné mon estime grâce à leur engagement pour la connaissance.
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  • Bouna Ahmeth FALL
  • Bouna Ahmeth Fall est sociologue. Il a été formé de la Première année au Doctorat à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Très attaché à cette institution, il y enseigne les sciences sociales depuis Dix Huit ans. 
Actuellement ses recherches portent sur les relations Intergroupes et les représentations sociales. Dans la société wolof sénégalaise, il mène des études qui s'intéressent aux phénomènes liés aux hiérarchies sociales (groupes dominants et dominés, et dynamiques de l'identité sociale).
  • Bouna Ahmeth Fall est sociologue. Il a été formé de la Première année au Doctorat à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Très attaché à cette institution, il y enseigne les sciences sociales depuis Dix Huit ans. Actuellement ses recherches portent sur les relations Intergroupes et les représentations sociales. Dans la société wolof sénégalaise, il mène des études qui s'intéressent aux phénomènes liés aux hiérarchies sociales (groupes dominants et dominés, et dynamiques de l'identité sociale).

Ce blog cherche à vulgariser la sociologie rurale au Sénégal. Bonne lecture!

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 12:43
TD Papa Moussa Fall

TD PAPA MOUSSA FALL LCA 2

L’hyène et l’aveugle

L’hyène était là, elle n’avait plus rien à manger. Elle avait si faim qu’elle n’en pouvait plus.

Dans les rues du village, chaque fois qu’elle passait, elle voyait un aveugle debout, aux entrées des maisons, disant seulement des formules magiques Les gens lui donnaient de la nourriture qu’il mettait dans ses sacs jusqu’à ce qu’ils soient pleins à craquer. L’hyène regardait ces sacs. Partout où elle se rendait, elle était chassée. Elle se mit à regarder cet aveugle, chaque jour, lorsque l’aveugle disait : «Laara bilaahi la la … !», on lui donnait de la nourriture, jusqu’à ce que ses sacs soient pleins à craquer. Il rentrait chez lui.

L’hyène dit à l’aveugle : « Hé! As-tu envie de retrouver la vue ? »

L’aveugle dit : « C’est tout ce que je demande à Dieu le Maître ! »

Elle dit : « Pour ce qui me concerne moi, je veux être aveugle ! »

L’hyène ajouta : « Veux-tu que nous fassions un échange et que tu m’apprennes tes incantations ? »

L’aveugle lui répondit : « Oui, je t’apprendrai les formules magiques, ainsi tu pourras demander l’aumône ! »

L’hyène devint aveugle et l’aveugle retrouva la vue. L’aveugle lui remit les formules magiques. Le premier jour, elle récita les formules magiques et remplit ses sacs avec de la nourriture jusqu’à ce qu’ils soient pleins à ras bords.

L’hyène alla se coucher dans sa case et se mit à parloter. Dès qu’elle commença à sentir la faim, elle accrocha les sacs à ses épaules. Elle arriva à mi-chemin et oublia les formules ! Elle ne connaissait plus les formules magiques, et elle ne pouvait plus savoir qui était l’aveugle.

Alors, elle resta là, bêtement !

Conte recueilli par Pape Faye

Les pays africains doivent maintenant être conscient et exploiter l’immense trésor que renferment les langues nationales. Toute langue africaine sert de véhicule et e support à la civilisation de la communauté qui l’emploie c’est-à-dire ses traditions, ses coutumes ses mœurs, ses légendes, ses contes etc. Ce dernier citée est un récit, une dramatisation mettant en scène des personnages imaginaires humains, animaux ou surnaturels situant leur aventure dans un milieu invraisemblable. En Afrique, il est destiné le plus souvent à un public bien particulier : les enfants. Le conte pourrait jouer ainsi le rôle d’un agent socialisateur. Puisque, au-delà du divertissement l’une de ses tâches est de familiariser les enfants dans les bons comportements.

La nuit, le feu allumé, les oiseaux ne chantent plus tout est dans un calme absolu seul la voix du patriarche ou matriarche résonne et brise le silence, les enfants autour de lui tend l’oreille et écoute attentivement le sage qui leur conte une histoire le plus souvent didactique ou pédagogique.

Ce conte que nous avons choisis, « l’hyène et l’aveugle » mette en évidence la ruse exacerbée de l’hyène. Celui-ci n’a pas saisi ce dicton « quand on a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a » aussi « ku yàgg ci teen baak, fekk la fa » on peut même y ajouter « ku muñ muuñ ». En opérant un échange selon lequel il donnerait la vue à l’aveugle et celui-ci lui apprend les paroles incantatoires pour que chaque jour il puisse se rassasier, l’hyène, oubliant ces paroles, tombe dans le piège du désespoir et de l’obscurité.

Avec force merveilleux et fort amusant, ce conte inculque à l’enfant des vertus comme le « doylu », le « muñ » et le « nit du tayyal »

« doylu » « nit day doylu » dit le proverbe wolof. Ce verbe pronominal équivaut en français à « se suffire ». En pays wolof cette vertu occupe une place importante. Chaque individu à bas âge avoir doit la cultiver en fin de faire face à des situations de carences de matérielles ou autres. Ainsi l’enfant à travers cette vertu enfourche cette expression « xalé day tëyé loxoom » (l’enfant doit tenir sa main). De ce se fait beaucoup de vices comme « le sajj » (vole) « xarandi » l’impatience lui seront épargnés.

Le « muñ » (persévérant ou endurant) n’est-ce pas c’est l’adage wolof qui dit « ku yàgg ci teen baak feekk la fa ». L’impatience a valu la cécité à l’hyène. Ainsi l’enfant à travers ce conte apprend l’endurance, la persévérance, aussi que l’homme ne doit pas vendre sa dignité au profit de la gourmandise. Cette valeur est aussi attribuée à la femme. A travers ce personnage l’hyène, le conte initie la jeune fille à l’endurance dans son « neegu sëy » (le ménage)

Le « tayyal » (la paresse). « Qui veux la facilité n’aura que des choses faciles » dit-on. En voulant se reposer sur les sentiers du travail, l’hyène a perdu la vue. Dans la société wolof la paresse est bannie, chaque individu doit suer son front pour survivre

Dans le conte chaque personnage symbolise un individu de la société, soit incarnant de bonne valeurs, soit le contraire. Dans ce conte l’hyène symbolise, l’enfant gourmand, impatient refusant d’aimer ce que la Nature lui a octroyée et l’aveugle, l’enfant qui préfère la vue que d’aller toujours frapper à la porte de chaque maison.

Quoi qu’on puisse dire le demeure par essence pédagogique ou didactique. Cependant, il commence à perdre sa valeur d’antan. Etant sous l’emprise de la modernité occidentale, la société wolof doit dans hic et nunc conserver ses valeurs littéraires, culturelles, artistique, si elle veut se faire entendre dans le concert des nations.

Travail présenté par Papa moussa Fall

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