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  • : Sociologie des civilisations rurales au Sénégal
  • : Mon blog cherche à vulgariser la sociologie rurale au Sénégal. Il me permet, en même temps, de mettre en ligne mes différentes activités pédagogiques à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis. De temps en temps, je présente quelques personnalités fortes de l'UGB qui ont gagné mon estime grâce à leur engagement pour la connaissance.
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  • Bouna Ahmeth FALL
  • Bouna Ahmeth Fall est sociologue. Il a été formé de la Première année au Doctorat à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Très attaché à cette institution, il y enseigne les sciences sociales depuis Dix Huit ans.
  • Bouna Ahmeth Fall est sociologue. Il a été formé de la Première année au Doctorat à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis du Sénégal. Très attaché à cette institution, il y enseigne les sciences sociales depuis Dix Huit ans.

Ce blog cherche à vulgariser la sociologie rurale au Sénégal. Bonne lecture!

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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 13:43

L'Université nous laisse peu de répit pour réfléchir à notre métier et à notre rôle. Il faut pourtant s’y coller de temps en temps. A quoi peut bien servir un universitaire qui n'explique pas à l’opinion la nouvelle donne créée par les autorités en bafouant nos valeurs fondamentales (la liberté, les droits de l'homme, la justice, l'égalité devant la loi, la primauté de l'intérêt général…) qu’elles sont censées garantir à tous les citoyens. A comprendre, à faire comprendre et à rappeler que, contrairement à ce que nous serinent les pouvoirs publics, ils sont les premiers fossoyeurs de l’université républicaine. Ce triple travail d'expertise, de pédagogie et de résistance démocratique, nous devons le faire aussi rigoureusement que possible. En décortiquant, par exemple, les ressorts de la grève qui nous préoccupe en ce moment. En gardant à l'esprit que les universités sénégalaises doivent rester au service de la société. Ce travail nécessite cependant une parfaite indépendance. A l'égard du pouvoir politique, bien sûr. A l'égard de la pensée dominante également, dont la crise pourtant dévastatrice n'a manifestement atténué ni la puissance ni l'arrogance. Pour ma part, je considère que les résultats mitigés de notre grève et les différents sons de cloches que nous entendons nous conduisent à reconsidérer les effets plus ou moins pervers de cette forme d'action. Est-elle encore adaptée à l’université sénégalaise telle qu'elle est actuellement ? Pourrait-on imaginer d'autres moyens de lutte plus efficaces ? En constatant tous ces effets pervers, je me suis demandé pourquoi notre grève est si peu productive aujourd'hui. Il y a eu des moments de notre histoire sociale où les mouvements de grève ont fait progresser nos conditions de travail et ont été décisifs pour la conquête des droits des enseignants-chercheurs. Mais dans le contexte de la banalisation de la parole donnée des gouvernants et de la désacralisation des sceaux de la République, le SAES a de plus en plus de mal à savoir qui affronter et surtout comment construire un rapport de force bénéfique à nos revendications : l'ennemi de l’université sénégalaise est devenu diffus, insaisissable, malicieux, manipulateur et cynique. Nos universités sont aussi de plus en plus composites, de facto les intérêts des enseignants-chercheurs ne sont pas forcément les mêmes pour tous. Par exemple, à Gaston Berger une UFR a bouclé son premier semestre 2015-2016, une autre a du mal à terminer son second semestre 2014-2015. Le même ciel pour tous mais la ressemblance s’arrête là. Ce sont ces aberrations et ces ambivalences qui peuvent mobiliser notre réflexion. Les positions, sous leurs multiples formes, expriment aussi les tensions qui traversent l'identité même de ce métier d’enseignant-chercheur en plein bouleversements. Les profils et les perceptions sont divers. Nous pourrions en faire une force. Qui a tort, qui a raison ? Je réponds à la question en citant Deng Xiaoping : « Peu importe qu'un chat soit noir ou blanc, pourvu qu'il attrape les souris », affirme celui que l’on appelé "le petit timonier", rompant avec l'idéologie maoïste selon laquelle c'est « le rouge qui prime sur l'expert ». Autrement dit, si nous devons rester des « grèviculteurs », nous pouvons également refuser de penser la solution qu’à travers cette action. Le défi est d’innover et de mettre en place d’autres stratégies. Faire la grève, oui mais en même temps aller au charbon pour montrer que nous avons d’autres cordes à notre acte. A ce propos la réflexion reste ouverte (d'autres moyens de lutte plus efficaces sont-ils possibles?)

'appelle chaque militant à se mobiliser pour le SAES Section UGB afin de lui permettre de redonner du sang neuf à notre famille syndicale nationale. ~~J'appelle chaque militant à se mobiliser pour le SAES Section UGB afin de lui permettre de redonner du sang neuf à notre famille syndicale nationale.

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